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My work revolves around a deep reflection on the notion of excess in our contemporary world. Inspired by thinkers and artists such as Georges Bataille, Jean Baudrillard, Pierre Guyotat, Naomi Klein, Sarah Kane, and Raphaël Cendo, my works examine the hegemonic and sacrificial role of hypermodern capitalism.

At the heart of this inquiry lies my ambition to construct new narratives that illuminate what is structurally and functionally designed to remain hidden: the perversion of oligarchic regimes acting in the interests of multinational corporations to the detriment of people and ecosystems; dehumanization and mass violence; and the frustration and alienation of individuals in a world shaped by the logic of accumulation.

This frustration, in my view, is one of the major consequences of a fragile and paradoxical system: while it obstinately seeks to postpone death through a relentless drive toward cycles of accumulation and frenzied consumption, contemporary capitalism simultaneously generates the seeds of its own destruction. The erasure of cultural singularities on a global scale, the sanitized and deadly standardization of our ways of life, the disconnection from nature and the sacred, the loss of meaning and dignity in work, the exacerbation of social inequalities, and the constant craving for attention to feel alive—all these factors contribute to a profound frustration within a system that values only hyper-efficiency and the monetization of everything. This frustration, among other things, fuels Georges Bataille's notion of the heterogeneous, driving violence and the rise of authoritarian regimes. In this context, social media and artificial intelligence, far from mitigating these issues, exacerbate these imbalances by manipulating public opinion with “deepfakes,” increasing polarization, and inflaming humanity's darkest impulses.

As an artist, I see my role, however modest, as a duty of resistance and transcendence (borrowing the terms used by musician Raphaël Cendo). Resistance, in the sense of exposing and challenging the systems of power, manipulation, and alienation that shape our reality, as mentioned earlier. Transcendence, in the sense of inventing and imagining new epics, new collective narratives capable of initiating a path toward global harmony.

Painting holds a central place in my artistic practice, but I also work with drawing, sound (both instrumental and electroacoustic compositions), and, more rarely, installation. My painting process draws from a variety of sources: live models, studio photography, images collected from magazines, films, or the internet, as well as fragments born from my imagination. All of these come together in compositions where the human figure lies at the heart of the narrative.

FR

Mon travail s’articule autour d’une réflexion profonde sur la notion d’excès dans notre monde contemporain. Inspiré par des penseurs et artistes tels que Georges Bataille, Jean Baudrillard, Pierre Guyotat, Naomi Klein, Sarah Kane, ou encore Raphael Cendo, mes travaux interrogent le rôle hégémonique et sacrificiel du capitalisme hypermoderne.

Au cœur de cette réflexion, mon ambition est de construire de nouveaux narratifs qui mettent en lumière ce qui, structurellement et fonctionnellement, cherche généralement à être dissimulé: la perversion des régimes ploutocratiques qui agissent pour l’intérêt des multinationales au détriment des peuples et de l’écosystème, la déshumanisation et les violences de masse qui en découlent ainsi que la frustration et l’aliénation des individus dans un monde façonné par des logiques d’accumulation.

Cette frustration, à mon sens, est l’un des effets majeurs d’un système fragile et paradoxal: tandis qu’il cherche obstinément à repousser la mort par une fuite en avant vers des cycles d’accumulation et de consommation frénétiques, le capitalisme contemporain produit en lui-même les germes de sa propre destruction. L’effacement de toutes les singularités culturelles à l’échelle de la planète, la standardisation aseptisée et mortifère de nos modes de vie, la déconnexion avec la nature et le sacré, la perte de sens et de dignité dans le travail, le renforcement des inégalités sociales, le besoin d’attention pour se sentir exister sont autant de facteurs de frustration au coeur d’un système qui ne valorise que l’hyper-rendement et la monétisation de tout, abandonnant le lien avec la nature, le lien avec autrui et le lien avec soi-même. C’est cette frustration, entre autres, qui nourrit l’hétérogène Bataillien, pousse à la violence et aux régimes autoritaires. Dans ce contexte, les réseaux sociaux et l’IA, loin de corriger ces dérives, amplifient ces déséquilibres en manipulant l’opinion à coup de ‘deep-fakes’, en augmentant la polarisation et en attisant les passions les plus sombres.

En tant qu’artiste, je vois mon rôle, modeste, comme un devoir de résistance et de transcendance (je reprends ici les termes employés par le musicien Raphael Cendo). Résistance pour ce qui est, comme mentionné plus haut, de rappeler les logiques de pouvoir, de manipulation et d’aliénation qui sont les nôtres. Transcendance, pour ce qui est d’inventer, d’imaginer de nouvelles épopées, de nouveaux récits collectifs capables d’amorcer un chemin vers une harmonie mondiale.

La peinture occupe une place centrale dans ma pratique artistique mais je travaille aussi le dessin, le son (compositions instrumentales et électroacoustiques) et plus rarement l’installation. Mon processus pictural se nourrit d’une diversité de sources: modèles vivants, photos studio, images glanées dans des magazines, films ou sur internet, fragments issus de mon imagination. Le tout dans des compositions où la figure humaine est au coeur du récit.